Guide pratique
Alcool et stupéfiants au volant : 9 points d'un coup depuis 2025

Pendant trente ans, le permis à points a vécu avec une règle simple : une infraction retire au plus 6 points, et plusieurs infractions relevées ensemble au plus 8. La loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 a ouvert une brèche dans cette règle pour un seul cas, celui du conducteur contrôlé positif à l'alcool et aux stupéfiants : 9 points, les trois quarts du capital. La même loi, adoptée après des années de mobilisation des familles de victimes, a créé le délit d'homicide routier, relevé les peines de l'alcool et des stupéfiants au volant et fait du grand excès de vitesse un délit dès la première fois. Cet article détaille ce qui s'applique depuis le 11 juillet 2025, avec un simulateur pour mesurer l'effet sur votre propre solde.
Points clés.
- Alcool + stupéfiants cumulés : délit distinct, jusqu'à 5 ans de prison et 15 000 € d'amende, 9 points retirés (loi du 9 juillet 2025, art. L. 235-1 du code de la route).
- Alcool seul (0,8 g/l ou plus) et stupéfiants seuls : jusqu'à 3 ans et 9 000 € (2 ans et 4 500 € auparavant pour l'alcool), toujours 6 points.
- Homicide routier : 7 ans et 100 000 € avec une circonstance aggravante, 10 ans et 150 000 € avec deux ou plus ; annulation du permis de plein droit, 5 à 10 ans sans pouvoir le repasser.
- Un permis à 12 points contrôlé positif aux deux passe à 3 points ; un permis probatoire à 6 ou 8 points est invalidé.
Combien de points perd-on pour alcool et stupéfiants cumulés ?
9 points. Depuis la loi du 9 juillet 2025, conduire à la fois sous alcool et après usage de stupéfiants retire les trois quarts du capital, contre 6 points pour chacune des deux infractions prise isolément, et malgré le plafond de 8 points des infractions simultanées.
Le mécanisme mérite une explication. L'article L. 223-2 du code de la route pose deux limites : une infraction seule ne peut retirer plus de la moitié du capital (6 points), et des infractions relevées en même temps ne peuvent retirer plus des deux tiers (8 points). L'article 8 de la loi du 9 juillet 2025 a inscrit à l'article L. 235-1 une dérogation expresse : pour le cumul alcool et stupéfiants, le retrait est « des trois quarts du nombre maximal de points ». D'où 9. Ce n'est plus l'addition de deux infractions plafonnée, c'est un délit autonome avec son propre barème. L'ONISR le note d'ailleurs dans son bilan des infractions 2024 : le cumul, jusque-là puni de 8 points, passe à 9 « à partir du 10 juillet 2025 ».
Ce que la loi du 9 juillet 2025 a changé, texte par texte
| Situation | Avant | Depuis la loi du 9 juillet 2025 |
|---|---|---|
| Alcool 0,5 à 0,8 g/l (contravention) | 135 €, 6 points, suspension jusqu'à 3 ans | Inchangé |
| Alcool 0,8 g/l ou plus, ou ivresse manifeste (délit) | 2 ans, 4 500 €, 6 points | 3 ans, 9 000 €, 6 points, suspension ou annulation jusqu'à 5 ans |
| Stupéfiants (délit) | 2 ans, 4 500 €, 6 points | 3 ans, 9 000 €, 6 points |
| Alcool et stupéfiants cumulés (délit) | 3 ans, 9 000 €, 8 points (plafond) | 5 ans, 15 000 €, 9 points |
| Accident mortel avec circonstance aggravante | Homicide involontaire aggravé : 7 ans, 100 000 € (une circonstance), 10 ans, 150 000 € (deux ou plus) | Homicide routier : mêmes maximums, mais liste de circonstances élargie (excès dès 30 km/h, téléphone en main, refus d'obtempérer, rodéo, protoxyde d'azote) et annulation du permis de plein droit |
| Blessé, incapacité de plus de 3 mois | Blessures involontaires aggravées : 5 ans, 75 000 € ; 7 ans, 100 000 € (deux circonstances) | Blessures routières : mêmes maximums, circonstances élargies |
| Blessé, incapacité de 3 mois ou moins | 3 ans, 45 000 € ; 5 ans, 75 000 € (deux circonstances) | Blessures routières : mêmes maximums, circonstances élargies |
| Excès de vitesse de 50 km/h ou plus | Contravention de 5e classe (délit en récidive) | Délit dès la première fois depuis le 29 décembre 2025, 6 points |
Les seuils, eux, ne bougent pas : 0,5 g/l de sang (0,25 mg/l d'air expiré) pour un permis confirmé, 0,2 g/l pour un permis probatoire et les conducteurs de transport en commun, et pour les stupéfiants la seule présence dans l'organisme, sans seuil. Le retrait de points, comme toujours, devient effectif une fois la condamnation définitive, ou l'amende payée pour la contravention.
Pourquoi le cumul est traité à part
Le législateur a visé un profil précis : le conducteur qui a bu et consommé, dont l'ONISR relève chaque année davantage de cas (16 592 délits constatés en 2024, voir les chiffres plus bas). Plutôt que d'additionner deux délits, la loi a créé une infraction unique, plus lourde que la somme des deux, avec un retrait de points qui laisse un permis confirmé à 3 points et invalide presque tous les permis probatoires.
Alcool, stupéfiants, les deux : que reste-t-il de mon permis ?
Choisissez votre solde et la situation : le simulateur applique le barème issu de la loi du 9 juillet 2025, y compris le retrait de 9 points.
- Peines encourues : jusqu’à 5 ans de prison et 15 000 € d’amende, suspension ou annulation du permis.
- Points : 9 points retirés, par exception au plafond de 8 points prévu pour des infractions simultanées.
- Sur le bord de la route : rétention immédiate du permis (72 h, 120 h si une analyse est nécessaire), puis en général suspension administrative par le préfet.
Tant qu’il reste au moins 1 point, un stage de récupération recrédite jusqu’à 4 points dans la limite du plafond, une fois par an. Le retrait devient effectif une fois l’infraction définitive.
Simulation indicative : les peines sont des maximums, le tribunal décide au cas par cas. Sources : loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 ; code pénal, art. 221-18 à 221-20 ; code de la route, art. L. 234-1, L. 235-1, L. 223-2, L. 224-1 ; service-public.gouv.fr.
L'homicide routier : de l'homicide involontaire à un délit spécifique
Avant 2025, le conducteur qui causait la mort d'une personne était poursuivi pour homicide involontaire, avec des peines aggravées si l'alcool, les stupéfiants ou un délit de fuite étaient en cause. Les familles de victimes réclamaient depuis longtemps que la loi cesse de qualifier d'« involontaire » la mort causée par quelqu'un qui avait choisi de boire ou de consommer avant de conduire. La loi du 9 juillet 2025 a créé les articles 221-18 à 221-21 du code pénal : l'homicide routier et les blessures routières. Les peines maximales de l'ancien homicide involontaire aggravé sont reprises ; ce qui change, c'est la qualification, la liste des circonstances aggravantes, nettement élargie, et l'annulation automatique du permis.
Le principe est le suivant. Quand un conducteur tue ou blesse et qu'une circonstance aggravante est retenue, la qualification bascule vers l'homicide ou les blessures routières. La liste des circonstances est longue : violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité, alcool (au-dessus du seuil légal, ou ivresse manifeste, ou refus de se soumettre aux vérifications), stupéfiants, consommation délibérée de substances psychoactives détournées de leur usage (le protoxyde d'azote est visé), conduite sans permis ou malgré une suspension, excès de vitesse d'au moins 30 km/h (50 km/h auparavant), délit de fuite, téléphone tenu en main ou écouteurs, refus d'obtempérer, rodéo motorisé. Les quatre derniers cas, et l'abaissement du seuil de vitesse, sont des nouveautés de 2025.
Les peines montent par paliers :
- Homicide routier avec une circonstance : jusqu'à 7 ans de prison et 100 000 € d'amende.
- Homicide routier avec deux circonstances ou plus : jusqu'à 10 ans et 150 000 €. Un conducteur alcoolisé et sous stupéfiants cumule mécaniquement deux circonstances.
- Blessures routières : de 3 ans et 45 000 € (incapacité de 3 mois ou moins, une circonstance) à 7 ans et 100 000 € (incapacité de plus de 3 mois, deux circonstances ou plus).
S'y ajoutent des peines complémentaires lourdes : annulation du permis de plein droit pour toute condamnation pour homicide routier, avec interdiction de le repasser pendant 5 à 10 ans (10 ans, éventuellement définitif, en récidive), suspension jusqu'à 10 ans, confiscation du véhicule, obligation d'un éthylotest anti-démarrage. Sur le plan des points, l'annulation rend la question sans objet : il n'y a plus de permis.
La loi ne s'applique qu'aux faits postérieurs au 11 juillet 2025
Une loi pénale plus sévère ne rétroagit pas. Un accident survenu avant le 11 juillet 2025 reste jugé sous la qualification d'homicide ou de blessures involontaires, même si le procès a lieu en 2026 ; de même, un contrôle alcool et stupéfiants antérieur à cette date reste au barème de 8 points.
Sur le bord de la route : rétention, suspension, puis le tribunal
Pour un délit d'alcool (0,8 g/l ou plus), de stupéfiants ou pour le cumul, la procédure ne commence pas au tribunal. Les forces de l'ordre procèdent à la rétention immédiate du permis (72 heures, portées à 120 heures quand une analyse de sang ou de salive est nécessaire), puis le préfet prend le plus souvent une suspension administrative de plusieurs mois. Le véhicule peut être immobilisé. Le retrait de points, lui, attend la décision de justice définitive : ordonnance pénale, composition pénale ou jugement.
Devant le tribunal, les peines complémentaires s'ajoutent à la prison et à l'amende : suspension ou annulation du permis (jusqu'à 5 ans pour l'alcool depuis la réforme, sans « permis blanc » possible), interdiction de conduire certains véhicules, confiscation du véhicule, éthylotest anti-démarrage, stage de sensibilisation obligatoire à vos frais, travail d'intérêt général. Notre guide permis suspendu : que faire détaille la suite.
Ce que disent les chiffres
Les données officielles disponibles s'arrêtent à 2024, l'année qui précède la loi. Elles montrent l'ampleur du problème que le texte vise, et serviront de base de comparaison quand l'ONISR publiera le bilan 2025.
| Chiffre clé | Ce qu'il mesure |
|---|---|
| 22 % | des présumés responsables d'accidents mortels en 2024 étaient sous l'emprise de l'alcool, deuxième facteur après la vitesse (29 %) |
| 13 % | des présumés responsables d'accidents mortels avaient consommé des stupéfiants (inattention : 14 %) |
| 39 % | des décès sur les routes en 2024 sont survenus dans un accident impliquant au moins un conducteur sous alcool, stupéfiants, ou les deux |
| 16 592 | délits de conduite sous alcool et stupéfiants cumulés constatés en 2024, en hausse de 4 % sur un an et de 165 % depuis 2017 |
| 131 964 | délits de conduite après usage de stupéfiants constatés en 2024, contre 114 691 délits d'alcoolémie |
| 618 663 | points retirés en 2024 pour des infractions liées à l'alcool, dont 310 544 pour l'alcoolémie délictuelle |
Le chiffre des 16 592 cumuls est celui que la réforme vise directement : il a plus que doublé depuis 2017, et il concerne des conducteurs qui, sous le nouveau barème, perdent 9 points d'un coup.
Et votre permis, après un contrôle positif ?
Trois situations, selon votre capital au moment du contrôle.
- Permis confirmé à 12 points, alcool ou stupéfiants seuls : vous passez à 6 points. Un stage de récupération de points recrédite jusqu'à 4 points, une fois par an, dès que le retrait est effectif. C'est le moment de le faire, pas dans deux ans.
- Permis confirmé, cumul alcool et stupéfiants : vous passez à 3 points. Le stage vous remonte à 7 ; la moindre infraction à 3 points ensuite vous ramène sous le seuil de la lettre 48M. Sans stage, un simple téléphone au volant met le permis à zéro.
- Permis probatoire : à 6 points (première année), un délit d'alcool ou de stupéfiants seul invalide le permis ; le cumul à 9 points invalide tout permis probatoire de 6 ou 8 points, et laisse 1 point à un permis de 10. Une perte de 3 points ou plus déclenche par ailleurs une lettre 48N et un stage obligatoire dans les 4 mois.
Le stage ne peut rien pour un permis invalidé : il faut au moins 1 point pour en bénéficier. Il ne touche pas non plus aux peines pénales ni à la suspension. Il fait une chose, redonner des points, et après un retrait de 6 ou 9 points, c'est souvent ce qui sépare un permis qui survit d'un permis à zéro. Les prix par centre sont sur notre page prix d'un stage de récupération de points.
Stage de récupération de points
Prêt à récupérer vos points ?
Trouvez un centre agréé près de chez vous et réservez en ligne en quelques minutes. Récupérez jusqu'à 4 points en 2 jours.
Trouver un stage →FAQ
Oui, et il le vide : un permis probatoire compte 6 points la première année, 8 la deuxième, 10 la troisième. Un retrait de 9 points invalide les deux premiers et laisse 1 point au troisième. Le permis invalidé doit être repassé après un délai de 6 mois, une visite médicale et des tests psychotechniques.
Oui. La loi du 9 juillet 2025 n'a pas touché au barème des points pour ces deux délits pris séparément ; elle a relevé leurs peines à 3 ans de prison et 9 000 € d'amende. Seul le cumul des deux passe à 9 points.
La qualification. Depuis le 11 juillet 2025, un conducteur qui cause la mort avec une circonstance aggravante (alcool, stupéfiants, excès d'au moins 30 km/h, téléphone en main, délit de fuite, refus d'obtempérer, conduite sans permis…) est poursuivi pour homicide routier, puni de 7 ans et 100 000 €, ou 10 ans et 150 000 € avec deux circonstances, avec annulation du permis de plein droit. Sans circonstance aggravante, l'homicide involontaire s'applique toujours.
Oui, dès que le retrait est effectif et tant qu'il reste au moins 1 point, un stage volontaire recrédite jusqu'à 4 points. Le stage imposé par le tribunal comme peine complémentaire, lui, ne recrédite pas de points. Après une invalidation, aucun stage ne permet de récupérer le permis.
Non. Les peines plus sévères ne s'appliquent qu'aux faits commis à partir de l'entrée en vigueur de la loi. Un cumul alcool et stupéfiants antérieur reste au barème de 8 points et aux anciennes peines, même si le jugement intervient plus tard.
Pour d'autres réponses sur les points, les sanctions et les stages, parcourez notre base de questions-réponses, en particulier les fiches combien de points perd-on pour conduite sous stupéfiants et quel est le taux d'alcool autorisé au volant.
Note éditoriale. Vérifié par l'équipe éditoriale de Centre Stage Permis. Sources : loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 (homicide routier, grand excès) ; code pénal, homicides et blessures routiers (articles 221-18 à 221-21) ; Code de la route, permis à points, articles L223-1 à L223-9 ; Code de la route, article L234-2 (alcool) ; Code de la route, rétention, suspension, annulation (L224-1 à L224-18) ; Alcool au volant ; Rétention du permis de conduire ; accidentalité routière 2024, bilan définitif ; bilan des infractions au code de la route 2024. Dernière vérification : 24 septembre 2026.
Sources officielles
- Légifrance : loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 (homicide routier, grand excès)
- Légifrance : code pénal, homicides et blessures routiers (articles 221-18 à 221-21)
- Légifrance : Code de la route, permis à points, articles L223-1 à L223-9
- Légifrance : Code de la route, article L234-2 (alcool)
- Légifrance : Code de la route, rétention, suspension, annulation (L224-1 à L224-18)
- Service-Public : Alcool au volant
- Service-Public : Rétention du permis de conduire
- ONISR : accidentalité routière 2024, bilan définitif
- ONISR : bilan des infractions au code de la route 2024
Pas le temps de tout lire ?
Résumez cet article avec votre IA préférée, en un clic.
Restez informé
Nouvelles règles, conseils, dates de stages
Rejoignez les conducteurs qui reçoivent nos articles et alertes sur les stages de récupération de points.
Pas de spam. Désinscription en un clic à tout moment.
Stage de récupération de points
Perdez moins de points : réservez votre stage
Récupérez jusqu'à 4 points en 2 jours dans un centre agréé près de chez vous. Réservation 100 % en ligne, résultats rapides.
Partager cet article


